Pour un ciel africain plus sur

MOT DU PRÉSIDENT DES AAMAC

Je voudrais souhaiter une cordiale bienvenue à tous ceux qui visitent ce site web des AAMAC, en leur expliquant brièvement ce que c’est que les AAMAC, d’où nous venons et qui sommes-nous aujourd’hui.

En Décembre 2001, les Directeurs Généraux de l’Aviation Civile des 17 Etats africains et malgache signataires de la Convention de Dakar établissant l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) se regroupent au sein d’une organisation dénommée « Autorités Africaines et Malgache de l’Aviation Civile- AAMAC » pour coopérer dans la mise en œuvre des normes et pratiques recommandées de la convention dite de Chicago, relative à l’aviation internationale.

En 2009, au vu des carences relevées dans cette zone lors des audits du Programme Universel d’Audits de supervision de la Sécurité de l’OACI (USOAP), les Autorités prennent conscience de la nécessité de travailler ensemble pour mieux honorer leurs engagements vis-à-vis de la communauté aéronautique internationale, et décident de donner un statut formel aux AAMAC.
Dans un premier temps, les Directeurs Généraux de l’Aviation Civile créent une association à but non lucratif de droit tchadien.

Ensuite, un traité relatif aux AAMAC est élaboré et signé le 20 Janvier 2012 à N’Djamena, Tchad, par les Ministres chargés de l’aviation civile des 17 pays concernés. Le traité des AAMAC prévoit que d’autres Etats peuvent y adhérer, mais établit aussi que les organisations d’intégration économique auxquelles les Etats appartiennent peuvent, si elles le souhaitent, être parties de plein droit des AAMAC.

Les AAMAC sont constituées d’un Conseil qui prend les décisions stratégiques et adopte des décisions contraignantes pour l’ensemble des membres, et d’un Secrétariat Exécutif chargé de mettre en œuvre les décisions du Conseil. L’organisation a son siège à N’Djamena au Tchad.
Le Traité est entré en vigueur depuis le 15 avril 2015 et le Secrétaire exécutif nommé et installé à Ndjamena depuis mai 2015.

Le traité des AAMAC vise les objectifs suivants :

  • a) Etablir et maintenir un niveau régional uniforme de sécurité acceptable ;
  • b) Aider les parties à remplir leurs obligations au titre de la Convention de Chicago, en jetant les bases d’une interprétation commune et d’une mise en œuvre uniforme des dispositions de cette dernière, notamment dans le domaine de la navigation aérienne, et en garantissant que celle-ci soient dûment prises en compte dans le cadre du présent Traité et des mesures arrêtées pour sa mise en œuvre ;
  • c) Promouvoir l’efficacité et l’uniformité dans les processus règlementaires et de certification de façon à éviter la multiplication des certifications ;
  • d) Garantir un niveau uniforme de protection de l’environnement.

En principe, le Traité s’applique à tous les domaines de l’aviation pour lesquels les Etats ont obligation de surveiller les activités et superviser la sécurité : exploitation et navigabilité des aéronefs, fourniture des services de la navigation aérienne, exploitations des aérodromes, licences du personnel, …

Toutefois, suite à la signature en mai 2015 d’un protocole d’accord sous l’égide de l’OACI, entre les AAMAC et les agences de supervision établies par la CEMAC et l’UEMOA, les AAMAC « concentrent leurs activités sur la supervision de la sécurité dans le domaine de la navigation aérienne (ANS) dans tous les Etats membres ».

L’organisation a pour tâche essentielle, d’établir les règlements et leurs procédures de mise en œuvre, applicables en matière de sécurité de l’aviation civile. Elle doit aussi vérifier que ses membres appliquent effectivement et correctement ces règles et procédures, et au besoin, les aider à y faire face. Elle doit enfin effectuer la surveillance de l’ASECNA et peut se voir confier d’autres tâches de surveillance par les Etats membres.

Pendant l’année 2015, aussitôt après l’établissement physique du siège à Ndjamena, le Conseil et Le Secrétariat exécutif ont travaillé en priorité à la mise en place institutionnelle de l’entité : préparation des locaux et équipements, mise en place du personnel, adoption de textes de gestion administrative et financière, signature d’un accord de siège avec les Autorités Tchadiennes etc.

A partir de 2016, les AAMAC démarrent leurs activités proprement dites essentiellement sur deux volets :

  • L’élaboration d’un dispositif règlementaire harmonisé entre les Etats membres et,
  • L’assistance aux Etats dans la mise en œuvre de leurs obligations vis-à-vis de la communauté internationale, en matière de supervision de la sécurité de l’aviation (préparation des activités USOAP CMA d l’OACI, mie en œuvre des CAP, surveillance continue…)

Le troisième volet de nos activités, suite logique des deux premiers ci-dessus, dont l’objet est d’assurer, aux noms des Etats Membres, une surveillance continue de certains services de navigation aérienne fournis par l’ASECNA, verra sa mise en œuvre démarrer incessamment suite à l’adoption ressente par le Conseil d’instruments appropriés pour les mener.

En décembre 2019, lors de sa 41ème réunion tenue à Malabo, Guinée Equatoriale le Conseil des AAMAC m’a fait l’honneur de me désigner comme son Président, pour un mandat de trois ans.

Notons ensemble que les Etats membres ainsi que d’autres partenaires intervenant dans le domaine de la supervision de la sécurité de l’aviation ont souvent exprimé leur satisfaction suite aux activités menées par les AAMAC jusqu’à ce jour.

Toutefois, nous aimerions donner une ambition supplémentaire à notre outil commun pour en faire une référence dans la région AFI.

Ainsi, répondant à l’appel du Président de l’OACI sous l’initiative « NO COUNTRY LEFT BEHIND », nous nous fixons désormais comme objectif d’aider tous nos Etats membres à réaliser les objectifs régionaux dits « d’Abuja », en particulier pour atteindre au moins 60% de taux de mise en œuvre effective (EI) d’ici fin 2020.

Désormais, nous travaillerons, tous les membres du Conseil et moi-même, avec le Secrétaire exécutif, la main dans la main, pour atteindre cet objectif.

Je voudrais, pour finir, saisir cette occasion pour tendre la main à toute partie intervenant dans la supervision de la sécurité aérienne en Afrique, ou plus simplement œuvrant pour l’amélioration de la sécurité aérienne en Afrique, qu’il s’agisse d’Etat ou de groupe d’Etats, d’organisme régionaux ou internationaux, de cabinets d’expertise etc. pour une coopération fructueuse et efficace afin de réaliser nos objectifs communs dans ce domaine.

 Le Président du Conseil des AAMAC

Dokissimé Gnama LATTA